#311/ TINA street (5) Thierry Théolier

Les arbres sont alignés, les plantes rampent encore entre les pierres, mais les hautes herbes ont jauni sous le soleil. L’allée se prolonge entre les lampadaires noirs et la façade de l’immeuble, qui laisse peu à peu place à une longue clôture métallique couverte de plantes grimpantes.

Derrière, des jardins et des cours privées desservent les logements.

Les ombres des feuillages bougent sur les pavés. La lumière est forte, le ciel presque entièrement bleu.

Sur la gauche s’étend un jardin à l’aspect sauvage : de grandes herbes sèches, de jeunes arbres soutenus par des tuteurs, de hauts peupliers, des chemins clairs qui serpentent entre les plantations, quelques bancs et des panneaux pédagogiques.

Plus loin, derrière les clôtures, on aperçoit un terrain de sport, de hauts mâts d’éclairage et plusieurs bâtiments. Ce lieu pourrait passer pour une friche, mais il est bien aménagé. Il est seulement brûlé par l’été.

Sur la droite, une haute haie aux feuilles brunies cache en partie un immeuble blanc et gris.

Derrière elle apparaissent de larges balcons, des volets en bois, des jardinières et quelques objets laissés sur les terrasses.

L’allée s’élargit bientôt en une petite esplanade pavée. Des lampadaires, des arceaux pour vélos, des murets et des rampes accompagnent le passage jusqu’à la rue.

En face, un grand bâtiment commercial à la façade courbe. On distingue l’enseigne KIABI et, plus haut, le logo rouge du centre commercial Le Millénaire.

Puis j’arrive devant un poteau noir couvert d’autocollants. Au-dessus, une plaque bleu foncé bordée de blanc porte le nom de la commune et celui de l’allée.

« Aubervilliers. Allée Guy Debord. »

Je regarde vers le Millénaire. En haut dans le ciel, un cirrus homogenitus.