Avec pour point de départ la question du recouvrement, la mise à distance. Une vision de l’époque avec un éloignement de l’interaction directe et la mise en place d’une stratification et d’un empilement d’intermédiaires qui ne nous donne plus accès.
Jean-René Lorand
Mon interaction avec la photographie a débuté avec un appareil Kodak ektra 12 lors de mon adolescence, cette modeste camera fut mon premier passeport pour l’exploration du monde. Cet objet producteur d’images, offert par ma mère, m’a donné soudainement une sorte de légitimité au voyage, aux rencontres. L’ailleurs me devenait accessible. Le bruit sec du déclenchement était l’aboutissement d’un lent processus d’approche, de positionnement avec un objet ou un paysage. Les images, qui en résultent, portent cet étrange rendez-vous entre le photographe, la caméra et le sujet. Ce dernier n’hésitant pas à être bavard, sur notre monde en pointant nos actes, nos dispositifs, nos stratégies, nos contradictions… Ces sujets deviennent des objets de captation, d’enregistrement au même titre qu’un appareil photographique.







